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Morbihan. « On ne trouvait rien ! » : ils lancent leur propre marque de chaussures pour enfant

Après la naissance de leur fils, Boniface et Oriane, basés à Carnac (Morbihan), désespéraient de trouver des chaussures pour enfant qui ne soient pas fabriquées en Asie, certes moins chères mais peu écologiques. Ils ont créé, en 2014, Boni & Sidonie, chaussures pour enfants ultra-classiques, fabriquées en Europe, à prix abordables.

Ouest-France

Sibylle LAURENT.

Publié le 09/07/2022 à 07h00

Chez Boni & Sidonie, tout se fait en famille ! L’envoi des colis, la logistique, le suivi client, les photos pour le site internet… Ici, Boniface et Oriane, avec leur fils Jean. | OUEST FRANCE

Ah ça, n’allez pas leur parler de baskets ! Car alors, Boniface va souffler en souriant : « Les baskets, on en trouve tant qu’on veut, mais des petites chaussures classiques, à des prix raisonnables, ce n’est pas si facile à trouver… ​ » Mais c’est sans doute comme ça que Boniface et Oriane, couple de quinquas installés à Carnac (Morbihan), ont eu la bonne idée : lancer une marque de chaussures pour enfants, locale, abordable, écologique. « Quand mes deux garçons sont nés, je ne trouvais rien… Beaucoup de chaussures sont importées de Chine, ou d’Afrique du Nord, venues de trop loin et qui contiennent parfois des substances cancérigènes… ​ », raconte Oriane. La marque Boni & Sidonie est née.

À l’époque, en 2014, Boniface travaille chez Hachette Distribution Service, Oriane est experte en œuvre d’art pour les assurances. Changement de vie, toute ! « ​C’est au cours d’un voyage dans le sud de l’Espagne qu’on a découvert de petits artisans, qui fonctionnaient encore à l’ancienne, raconte Boniface​. Comme cette famille, père, mère et fils, qui travaille dans son garage, ils sont spécialisés dans le chausson. On a commencé à en sélectionner, imaginer avec eux des modèles.​ »

Boniface et Oriane grappillent comme ça, en Espagne et au Portugal, une petite dizaine d’artisans. Planchent sur la qualité des cuirs, la forme, développent un tannage écologique. Et proposent, aujourd’hui, une centaine de modèles, du premier pas au 34. Chaussons de baptême, ballerines, sandales, babies, sneakers. « On est sur un style très classique​ », dit Oriane en souriant. « Ringard​ », dit en se marrant Boniface. « Rétro chic !», tranche Oriane.

« Beaucoup de gens font du tourisme commercial »

Alors du coup, il a fallu se faire connaître en ligne, sortir du lot au milieu de la jungle internet. « C’était le début des places de marché type Amazon, La Redoute, Spartoo, qui prennent une commission sur la vente. On a commencé comme ça.​ » Et ça a bien pris. Au point qu’aujourd’hui, « la moitié de notre chiffre d’affaires se fait par ces places de marché​ ».

La marque veut être «le plus neutre possible en carbone​ ». Une gageure, car l’envoi de colis, « écologiquement parlant, ça pourrait être une catastrophe, reconnaît Boniface. ​Beaucoup de gens font du tourisme commercial, commandent dix paires pour en retourner neuf.​ » Leur recette ? Essayer de «conseiller au maximum nos clients par téléphone ou mail, pour éviter ces allers-retours très polluants. Au final, nous avons des taux de retour assez bas. Et nos emballages sont en papier kraft et carton recyclés​. »

Commerce 2.0

Dans ce commerce 2.0, Boniface et Sidonie sont partout. Boniface à la technique, Oriane à la confection de modèles, la logistique, le suivi client… Même les enfants sont mis à contribution, petits modèles pour les photos du site et des réseaux sociaux. Une vraie histoire de famille. « Au début, on entreposait nos stocks dans la cave, puis on a commencé à louer un garage, deux garages… C’était folklo ! », se rappelle Oriane.

Aujourd’hui, Boni & Sidonie commence à marcher joliment. « On est en hausse de 20 à 30 % d’année en année, indique Boniface. ​On a réussi à créer une petite notoriété en ligne. On a aujourd’hui 50 000 visites par mois sur notre site, on commence à avoir beaucoup de commandes en direct. ​ » Et découvrent même parfois parmi les clients des célébrités, comme Élodie Gossuin ou Adriana Karembeu… «Notre clientèle, ce sont les jeunes mères et les grands-mères, qui retrouvent les chaussures qu’elles mettaient à leurs enfants autrefois», précise Boniface.

Ça marche si bien que le couple va bientôt faire gérer les stocks par un logisticien dans le centre de la France. «On a un peu le nez dans le guidon, souffle Oriane. ​Cela va nous permettre de mieux développer la marque. » Elle envisage comme ça de faire « une formation de web marketing », pour « apprendre à raconter des histoires avec les réseaux sociaux, faire rêver les gens. Parce qu’on n’est pas encore très doués là-dessus…​ » Ah bon ? On la trouve plutôt jolie, leur histoire.